Un film à voir au Cinéma Cartier

Publié le par AUDREY

LE VOYAGE D'UNE VIE (v.o. fra.)
Québec 2007. Documentaire de Maryse Chartrand. Avec la famille Chartrand-Beaudry, William Pollack, Gustavo Turecki, Christophe Fauré et Louise St-Arnaud. Musique originale de Michel Rivard. 1h30.

Dans la quarantaine et parents de trois enfants, Andréanne 13 ans, Félix 10 ans et Élyse 9 ans, Maryse Chartrand et Samuel Beaudry forment un couple uni dans la vie. Tous deux travaillent dans l’industrie de la publicité, un monde exigeant où le stress est quotidien et la pression continuelle et duquel ils retirent de moins en moins de satisfaction personnelle. Tellement que le 4 juillet 2003, après avoir quitté leur emploi, ils partent faire le tour de la planète, emmenant leur petite famille vers des horizons lointains à la recherche de la beauté du monde. Ils font du travail humanitaire au Nicaragua, vivent aux îles Tonga, explorent les zones sauvages de la Nouvelle-Zélande, visitent l’Australie, le Vietnam, l’Inde, l’Italie et la France. Parallèlement à leurs déplacements, ils tournent un film racontant leur expérience qui durera plus d’une année. Pourtant, en octobre 2005, alors qu’il est de retour à Montréal depuis 18 mois, en octobre 2005, Samuel s’enlève la vie sans laisser un mot d’adieu.

Dans LE VOYAGE D’UNE VIE, Maryse Chartrand retrace leur parcours en un double récit, celui relatant les péripéties de leur voyage et un autre, plus intérieur, par lequel elle tente de comprendre le geste de celui qui fut son conjoint pendant 18 ans. Sous les apparences d’un documentaire, la réalisatrice a aussi livré un témoignage personnel et familial sur non seulement le suicide en tant que tel mais sur la vie de ceux qu’il laisse dans le deuil. Bien que des intervenants spécialisés contribuent de leurs commentaires à l’aspect informatif du film, c’est par une approche avant tout intime et délicate que le sujet est abordé. C’est un regard lumineux que la cinéaste pose sur la disparition de l’homme qu’elle a aimé, et c’est de ce regard que son film en devient un qui traite, par-dessus tout, de vie à travers un prisme d’émotion intense et attendrie à la fois.

Le film que nous devions faire sur le voyage n’avait plus sa raison d’être. Il a donc pris cette tournure. Je me suis dit que je n’avais pas pu sauver Samuel, mais que le documentaire pourrait aider d’autres personnes. Ce travail fait aussi partie de mon processus de deuil. Pour moi, c’est une façon de rendre hommage à l’homme de ma vie et de restaurer ainsi son image auprès de ceux qui le jugent. Sa vie s’est terminée par un suicide, mais cet acte ne résume en rien l’homme quil était. La narration est soutenue par les réflexions de divers spécialistes, dont le psychologue William Pollack, de Harvard, qui étudient la condition masculine.

-Maryse Chartrand

JE PROFITE DE L'OCCASION POUR METTRE UN ARTICLE SUR LES FACTEURS DE SUICIDE

Quand nous parlons de suicide, nous aimerions comprendre le pourquoi de cet acte d'autodestruction, de ce refus de vivre une vie sans espoir et sans lendemain. Pour apporter des pistes de réponse, il faut comprendre le suicide dans sa globalité. Il y a l'individu, sa famille, son milieu, sa société. L'approche biopsychosociale nous semble donc être la plus complète car elle se réfère à un ensemble; il n'y a pas une cause de suicide mais il y a un ensemble complexe de facteurs de risque, de facteurs de vulnérabilité et de facteurs de protection.


Description des facteurs associés au suicide (Les données proviennent du programme provincial de formation Intervenir en situation de crise suicidaire, Association Québécoise de suicidologie)

Facteurs prédisposants: Ils rendent la personne plus vulnérable au suicide. Ils sont reliés à son histoire de vie et constituent, en quelque sorte, la plate-forme sur laquelle la personne évolue. Les facteurs prédisposants sont issus du réseau familial (histoire familiale de suicide, de violence et d'abus, pertes vécues en bas âge, etc.) et de l'entourage (isolement, manque de lien significatif, banalisation du suicide, etc.). Ils comprennent aussi tous les facteurs individuels (troubles mentaux, dépressions, deuils non résolus, etc.). La présence de facteurs prédisposants crée une grande fragilité chez un individu, et ce, avant même qu'un événement vienne perturber son état d'équilibre.

Facteurs contribuants: Ils sont des comportements ou des évènements qui accentuent le niveau de risque présent. Notons l'abus de substances de toutes sortes, le manque d'habiletés d'adaptation, l'instabilité familiale, le manque de ressources dans le milieu immédiat et éloigné, etc. Il est à noter que les facteurs suivants augmentent la vulnérabilité des personnes alcooliques et toxicomanes face au suicide: une perte récente, l'isolement, le fait de vivre seul, le manque de soutien social, le chômage et les idéations suicidaires antérieures.

Facteurs précipitants: Ils sont ceux qui pourront agir comme déclencheurs d'un déséquilibre. L'échec, l'humiliation, le rejet, la peine d'amour, la crise disciplinaire ou tout autre événement de vie récent et difficile, déstabilisent la personne dans sa façon de voir et de comprendre les choses. Compte tenu de l'histoire de vie de chacun, les facteurs précipitants créeront, parfois, un état de désorganisation.

Facteurs de protection: Les facteurs de protection sont les conditions qui réduisent l'impact des facteurs contribuants et prédisposants. La présence de modèles sains, la disponibilité de ressources dans l'entourage, de bonnes habiletés sociales et des stratégies d'adaptation adéquates sont quelques-uns des facteurs qui protègent la personne, en élargissant son éventail d'alternatives devant les situations difficiles.

Ces facteurs de risque sont généraux. Pour se faire une représentation plus spécifique, il faut tenir compte des groupes d'âge et du sexe. Par exemple, chez les jeunes, la peine d'amour est un événement déclencheur important. Chez les personnes âgées, surtout les hommes, le veuvage et la retraite sont des facteurs de risque importants.





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Publié dans cafejasettes

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