Peintures de Monet

Claude Monet dans les musées http://giverny.org/monet/museums/museums.htm
Claude Monet
Une étonnante vitalité artistique
Monet est l'un des pères de l'impressionnisme, soit, mais il a vécu assez longtemps pour le dépasser et, jusqu'à la fin de sa vieillesse, il n'a jamais cessé de réinventer l'art de rendre les effets de la couleur et de la lumière.
Parisien par accident pourrait-on dire - sa famille d'origine normande avait vécu à Paris quelques années - c'est en tant que caricaturiste que Monet commence sa carrière au Havre alors qu'il n'a pas encore vingt ans. Sur les plages normandes, il fait la connaissance de deux peintres originaux, Eugène Boudin et Alfred Jongkind, qui n'hésitent pas à se transporter dehors avec armes et bagages - ou plutôt chevalets, couleurs et pinceaux - pour travailler en plein air. C'est toutefois à Paris, à l'Académie Suisse d'abord, puis auprès du peintre académique Charles Gleyre que Monet complète sa formation artistique. Ce goût de peindre dehors qu'il avait acquis auprès de Boudin, il le partage désormais avec Pissarro, Bazille, Renoir, Sisley dans la forêt de Fontainebleau où ils se retrouvent pour travailler.
Le Paris des années 1860 a troqué ses derniers vestiges de ville médiévale pour des grands boulevards d'allure moderne. Les fastes du Second Empire, les opérettes d'Offenbach, les élégantes en crinoline marquent l'époque tout autant que la vie de bohème que partagent artistes en herbe et étudiants désargentés. Peindre la campagne et finir la journée dans une guinguette au bord de l'eau ne sont nullement des activités incompatibles. Vie de bohème impose, Monet s'est mis en ménage avec un jeune modèle : Camille Doncieux qu'il épousera en 1870.
Sur la scène artistique, c'est le règne des Salons et de l'Académisme. Bien accueilli au Salon de 1865, Monet se voit refuser en 1867 une toile monumentale, Femmes au jardin. Trop moderne? Trop « jardin »? et pas assez « atelier » peut-être? Allez donc savoir... Monet retourne au Havre, dans sa famille qui cherche à l'éloigner de Camille. La naissance d'un fils, Jean, lui révèle une fibre paternelle qu'il ne soupçonnait guère : c'est avec femme et enfant qu'il s'installe à la campagne près de Bougival dans les Yvelines. Nous n'en sommes pas encore aux jardins de Giverny mais déjà Monet tient à vivre entouré d'un jardin de fleurs. Il faut bien trouver quelque chose à peindre, même lorsque le temps est inclément.
En 1869, nouveau refus du Salon ; au cours de l'été, Monet et Renoir plantent leurs chevalets à La Grenouillère, une plage à la mode. Rien de plus moderne, de plus brillant et de plus animé que cette plage où même Napoléon III et l'impératrice Eugénie daignent s'arrêter. Rien de plus moderne aussi que les toiles de La Grenouillère où Monet et Renoir, travaillant de concert, rivalisent d'audace dans le traitement de la surface. Touches rompues, couleurs pures, contrastes marqués, nous sommes loin de la peinture léchée, « porcelainisée», des maîtres de l'Académie. Le temps des impressionnistes approche. Mais auparavant, le brillant empire s'effondre : guerre avec la Prusse, émeutes, les Communards à Paris. Monet et sa famille sont partis pour l'Angleterre, cauchemar humide pour le peintre de plein air. Seule consolation, la rencontre du marchand Paul Durand-Ruel qui se révélera capitale pour le succès de l'impressionnisme.
De retour en France en 1871, Monet fonde avec d'autres la Société Anonyme des Artistes Peintres, Sculpteurs, Graveurs, etc. Leur première exposition de groupe en 1874 marque la naissance de l'impressionnisme : le titre d'un tableau de Monet, Impression, soleil levant, cristallise les incertitudes de la critique face à cette nouvelle peinture. Monet ne se contente plus de peindre en plein air ; il travaille maintenant sur l'eau, dans un bateau-atelier, d'où il observe à loisir les mouvements de l'eau et les nuages qui s'y reflètent. À Paris, il s'arrête plus volontiers à la gare Saint-Lazare qu'au Louvre : de grands halls vitrés baignés de lumière, la fumée des trains en gare, voilà qui l'inspire bien plus que la mythologie ancienne.
En 1878, pour tenter d'améliorer l'état de ses finances défaillantes, Monet et les siens vivent à frais partagés avec une famille amie, les Hoschedé, qui étaient, eux aussi, dans la gêne. Années difficiles : Camille Doncieux, qui ne s'était jamais remise de la naissance de son deuxième enfant, meurt en 1879. Ernest Hoschedé, ruiné, abandonne les siens. Ceux qui restent, Monet et Alice Hoschedé forment une famille nouvelle : deux enfants pour le premier, six pour la seconde. Pour se loger à bon compte, on finit par dénicher du côté de Giverny, une maison de stuc rose vaste mais décrépite.
Monet s'éloigne un peu des impressionnistes ; il voyage à travers le pays et met, pour ainsi dire, la France en tableau. Puis viennent les années 1890 et les grandes séries où Monet traque les saisons et les heures à travers un sujet unique, meules, peupliers, la cathédrale de Rouen.
L'aisance venue, il dote enfin sa maison de Giverny d'un jardin à la mesure de ses rêves, un jardin où il y aurait de l'eau, des fleurs, des treillis et de grands arceaux pour que la couleur puisse monter jusque vers le ciel. Le monde peut continuer de tourner, la guerre menacer de le détruire, dans son jardin, Monet continue de créer et d'innover. Certaines toiles prolongent sa manière caractéristique de juxtaposer sur la toile des touches de couleurs pures ; d'autres se développent comme de grandes abstractions colorées où se confondent le ciel et ses reflets, les feuilles rondes des nénuphars et leurs fleurs qui se mirent dans l'eau.
Le travail avait toujours été sa grande consolation : « C'est encore le meilleur moyen de ne pas trop penser aux tristesses actuelles, bien que j'aie un peu honte de penser à de petites recherches de formes et de couleurs pendant que tant de gens souffrent et meurent pour nous » ainsi que Monet l'écrivait en juin 1914. Ni les problèmes oculaires qu'il rencontre à la fin de sa vie - il subira une ablation d'une de ses cataractes en 1923 - ni d'occasionnels accès de dépression ou d'angoisse ne l'empêchent de continuer à peindre. Alors que d'autres auraient rangé leurs pinceaux, Monet nous montre son jardin sous un nouveau jour, un jardin où les effets de couleur ont estompé le détail des arbres et des fleurs. Et le travail ne lui manquera jamais, car en 1918, dans un grand geste patriotique à l'égard de son pays en guerre, Monet avait offert les Nymphéas à la France, tâche colossale qui occupera le dernier survivant de l'impressionnisme jusqu'à sa mort en 1926.
| GIVERNY MAISON ET JARDINS DE CLAUDE MONET Fondation Claude Monet, rue Claude Monet 27620 Giverny. Ouvert tous les jours sauf le lundi du 1er avril au 1er novembre de 9h30 à 18h.
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| GIVERNY JARDIN DE COULEURS DU MUSEE D'ART AMERICAIN GIVERNY Rue Claude Monet, Giverny. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9h30 à 18h du 1er avril au 31 octobre. Le Musée d'Art Américain Giverny est entouré de jardins en accès libre. Les jardins sont divisés en petits espaces entourés de haies. Chacune de ces chambres de verdure possède sa propre harmonie de couleurs et de formes.
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